L'Audi RS2 Avant (1994-1996) est le premier modèle de la lignée RS et le fruit d'une collaboration historique entre Audi et Porsche (assemblée dans les ateliers de Zuffenhausen). Conçue pour être un break familial capable de terrasser les sportives de son époque, elle reste un monstre sacré des années 90. [1, 2]
Fiche technique et motorisation
Sous le capot repose une évolution radicale du célèbre 5 cylindres Audi, entièrement préparé par les ingénieurs de Porsche : [1, 2]
- Moteur : 5 cylindres en ligne 2.2 litres 20 soupapes turbocompressé (gros turbo KKK K24, nouvel échangeur, gestion Bosch).
- Puissance : 315 ch à 6 500 tr/min.
- Couple : 410 Nm dès 3 000 tr/min.
- Transmission : Boîte manuelle à 6 rapports et transmission intégrale permanente quattro avec différentiel Torsen.
- Poids : Environ 1 600 à 1 650 kg.
- Performances : 0 à 100 km/h en 5,4 secondes (voire moins selon les conditions) et une vitesse maximale de 262 km/h (dépassant l'accord amiable des constructeurs allemands limités à 250 km/h).
La patte Porsche : Des détails iconiques
L'implication de Porsche ne se limite pas à la mécanique : le châssis, les suspensions et le freinage ont été entièrement recalibrés. Extérieurement et intérieurement, la RS2 emprunte de nombreux éléments à la marque de Stuttgart :
- Jantes : Jantes alliage de 17 pouces issues de la Porsche 968 / 911 Cup.
- Freinage : Étriers à 4 pistons et disques signés Porsche.
- Rétroviseurs : Rétroviseurs extérieurs de la Porsche 964 Turbo (puis 993).
- Habitacle : Sièges baquets Recaro avec bandes en Alcantara, volant sport badgé Porsche et compteurs blancs gradués jusqu'à 300 km/h.
Au volant : Le "coup de pied" du 5 cylindres
L'essai de la RS2 révèle un caractère mécanique entier et typique des turbos des années 90 :
- Le comportement moteur : En dessous de 3 000 tr/min, la voiture se montre souple et civilisée comme une paisible berline familiale. Passé ce cap, le turbo souffle fort et provoque une poussée féroce, presque violente, accompagnée de la sonorité rauque et envoûtante du 5 cylindres.
- Efficacité et motricité : Grâce à la transmission quattro, la voiture est "soudée au sol", avalant les courbes avec un train avant précis et un équilibre sain qui masque très bien son poids.
- Discrétion : Sous des airs de sage Audi 80 Avant, elle cachait en 1994 des performances capables de ridiculiser bon nombre de supercars de l'époque.
Production et Marché de l'occasion
Produite à seulement 2 891 exemplaires (exclusivement en version break Avant), la RS2 est devenue une pièce de collection très recherchée. Les prix en occasion se situent généralement entre 60 000 € et plus de 90 000 € selon l'état, le kilométrage et la rareté de la couleur (le fameux Bleu Nogaro étant le plus emblématique)
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L'Audi Ur-Quattro de 1985 (modèle à moteur 2.1 litres 10 soupapes) représente le modèle fondateur qui a démocratisé la transmission intégrale permanente et bouleversé le paysage du championnat du monde des rallyes (Groupe B). Le préfixe "Ur" (qui signifie "originel" ou "premier" en allemand) est utilisé par les passionnés pour la distinguer des versions ultérieures.
Fiche technique (Millésime 1985)
- Moteur : 5 cylindres en ligne longitudinal avant, suralimenté par turbocompresseur (K24) avec échangeur.
- Cylindrée : 2 144 cm³ (2.1 l).
- Puissance : 200 ch à 5 500 tr/min.
- Couple : 285 Nm (ou ~210 lb-ft) dès 3 000 tr/min.
- Transmission : Intégrale permanente (
quattro) avec blocage des différentiels central et arrière commandé manuellement, boîte manuelle à 5 rapports. - Poids à vide : Environ 1 290 à 1 300 kg.
- Performances : 0 à 100 km/h en 7,0 à 7,1 secondes et une vitesse de pointe de 220 km/h.
Design et Ambiance Intérieure
- Look musclé : Ses ailes élargies, ses arêtes vives et son empattement carré trahissent son ADN de rallye, tout en conservant la silhouette d'un coupé fastback élégant et discret.
- Habitacle "années 80" : Planche de bord rectiligne, volant sport à quatre branches, compteurs à rouleau combinés à un spectaculaire combiné d'instrumentation digital à affichage orange/vert (très futuriste pour l'époque, inspiré de certains modules électroniques de l'époque). L'espace arrière surprend par sa habitabilité convenable pour un coupé.
Au volant : Le caractère du 5 cylindres turbo
- Le souffle du moteur : En dessous de 3 000 tr/min, le 5 cylindres est très souple, presque discret avec son échappement feutré. Passé ce seuil, le petit turbo se réveille avec un net "coup de pied au cul" typique des années 80 et une sonorité rauque, métallique et unique au bloc 5 cylindres Audi. [1, 2]
- Comportement et efficacité : Grâce à ses 4 roues motrices et à sa capacité à verrouiller les différentiels, la voiture fait preuve d'une motricité impériale sur route sinueuse ou dégradée. Elle accepte de rouler vite avec une grande sérénité de Grand Tourisme, bien qu'elle montre un léger roulis en appui et qu'elle exige d'inscrire le lourd train avant avec soin pour limiter le sous-virage.
- Le freinage : Emprunté en grande partie aux berlines de la gamme de l'époque, il montre rapidement ses limites en usage intensif ou sur les premiers millésimes.