essai de la Citroen ZX 16V.
adhérent à l'association Rally legend réunion depuis 2021, jean hugues est un fervent partisant de la marque aux chevrons.
La Citroën ZX 16V (commercialisée de 1992 à 1998) est la version la plus radicale de la compacte aux chevrons. Conçue pour rivaliser avec les reines de la catégorie (Peugeot 309 GTI, Renault 19 16S et Volkswagen Golf GTI), elle a connu deux vies bien distinctes marquées par une profonde évolution mécanique. [1, 2, 3, 4]
Fiches techniques : Deux générations, deux tempéraments
La ZX 16V s'est scindée en deux époques avec des caractères moteurs opposés : [1]
Caractéristique Citroën ZX 16V (1993–1996) Citroën ZX 16V 167 ch (1996–1998)
Moteur 4 cyl. 2.0L 16S (avec système ACAV) 4 cyl. 2.0L 16S (XU10J4RS sans ACAV)
Puissance 150 ch à 6 500 tr/min 167 ch à 6 500 tr/min
Couple 183 Nm à 3 500 tr/min 196 Nm à 5 500 tr/min
Poids Environ 1 130 kgEnviron 1 140 – 1 149 kg
0 à 100 km/h 9,4 secondes 8,5 secondes (ou 8,3s)
Vitesse maximale 215 km/h 219 km/hProduction
~7 981 exemplaires 558 exemplaires (très rare)
Au volant : Un châssis de génie pénalisé (au début) par son moteur
- Le comportement routier (le point fort absolu) : Grâce à son train arrière autodirectionnel (qui autorise un très léger braquage des roues arrière en appui), la ZX 16V bénéficie d'une stabilité royale et d'un train avant tranchant. Elle enroule les virages avec une agilité redoutable, surclassant nombre de ses rivales de l'époque en termes d'efficacité pure.
- Le moteur ACAV (150 ch) : La première version souffrait d'un système d'admission variable (ACAV) un peu étouffé. Les critiques de l'époque lui reprochaient un manque d'allant et un caractère un peu trop linéaire dans les hauts régimes par rapport aux espérances placées en elle.
- La version 167 ch (le coup de maître) : En adoptant le moteur de la Peugeot 306 S16 (XU10J4RS) débarrassé de l'ACAV, la ZX 16V change radicalement de visage fin 1996. Elle devient enfin incisive, rageuse et pleinement à la hauteur de son châssis.
Points à surveiller en occasion
- Le train arrière : Comme beaucoup de productions PSA de cette décennie, les roulements du bras arrière ont tendance à s'user, provoquant un carrossage négatif anormal ou du jeu. Une inspection sur pont s'impose.
- L'admission ACAV (sur les 150 ch) : Les valves ou les dépressions de gestion de l'admission variable peuvent fatiguer, entraînant une perte de puissance notable.
- Disponibilité des pièces : La version 167 ch ayant été produite au compte-gouttes (558 exemplaires), certains éléments spécifiques de carrosserie, d'intérieur ou de périphériques moteurs sont devenus rarissimes et coûteux.
essai de la citroen bx 4Tc.
La Citroën BX 4TC (produite en 1986) est l'un des échecs commerciaux et sportifs les plus fascinants de l'histoire de la marque aux chevrons. Conçue à la hâte pour homologuer une arme en Groupe B, elle reste aujourd'hui un objet de collection rarissime et sulfureux.
Fiche technique et motorisation
Pour répondre aux 200 exemplaires exigés par la FISA, Citroën a bricolé dans l'urgence avec un budget serré :
- Moteur : 4 cylindres en ligne longitudinal (issu de la Peugeot 505 / Simca-Chrysler), cubant 2 142 cm³ et suralimenté par turbocompresseur.
- Puissance : 200 ch à 5 250 tr/min (version client) et jusqu'à 380 ch pour la version course Evolution.
- Transmission : 4 roues motrices avec une boîte de vitesses manuelle à 5 rapports reprise de la Citroën Citroën SM.
- Poids à vide : Environ 1 280 à 1 350 kg.
- Performances : 0 à 100 km/h en 7,5 secondes et une vitesse maximale de 220 km/h.
Une conception bancale (Le "bricolage" Groupe B)
Faute de temps et d'argent par rapport à Peugeot et sa 205 Turbo 16, les ingénieurs ont dû adapter la base d'une berline familiale BX :
- L'avant rallongé : Le moteur Simca étant longitudinal et volumineux, il a fallu allonger le porte-à-faux avant de 28 cm, détruisant l'équilibre esthétique et massant 64 % du poids sur l'avant.
- Organes hétéroclites : On retrouve des jantes de Citroën CX, une direction de CX, un pont de Peugeot 505 et la fameuse suspension hydropneumatique adaptée à l'arrache (avec les sphères visibles et soudées dans le coffre).
- Finitions et habitacle : L'intérieur reprend le mobilier d'une BX Sport mais se distingue par un impressionnant tableau de bord à sept cadrans et une multitude de témoins lumineux. La finition artisanale a souvent été qualifiée de catastrophique.
Au volant : Un monstre lourd et délicat
L'essai de la BX 4TC réserve une expérience de conduite déroutante, très loin des standards des sportives affûtées de l'époque :
- Comportement routier : Lourde de l'avant, elle souffre d'un sous-virage marqué. Le train avant "cherche" sa route sur mauvaise surface, et les gros freinages s'accompagnent de transferts de charge brutaux où le museau peut venir frotter le bitume.
- Commandes spéciales : L'embrayage particulier, la commande de boîte rugueuse et les réactions violentes de la direction demandent un vrai "coup de main". Le moteur turbo offre une poussée franche, mais l'ensemble manque cruellement d'harmonie dynamique.
Commercialisation et rareté
Vendue à prix d'or en 1986 (248 500 francs, soit le prix d'une grosse berline allemande ou deux fois et demie une BX Sport), la BX 4TC ne trouve pas preneur. Sur les 200 exemplaires théoriques prévus, seuls 86 ont été vendus. [1, 2]
Face à l'arrêt du Groupe B et aux retours clients difficiles, Citroën a même proposé de racheter et de détruire un grand nombre d'exemplaires. Aujourd'hui, on estime qu'il reste à peine plus d'une quarantaine de survivantes, ce qui en fait un collector paradoxalement très recherché dont la cote dépasse désormais allègrement les 70 000 € à 100 000 €.
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